Loin de se retirer du Kurdistan, l’État turc, en bon héritier de l’Empire Ottoman, continue d’y bombarder les zones d’habitation civile et d’étendre son occupation au-delà de ses frontières, en Syrie et en Irak.

Après avoir occupé Jarablus, puis Al-Bab, l’armée turque a envahi récemment la ville d’Afrîn, mobilisant pour cela tous ses moyens militaires. Elle est en train d’y commettre un nettoyage ethnique. Le gouvernement d’Erdogan a élevé les aspirations coloniales de la Turquie à un niveau encore supérieur. Son objectif est de détruire tous les acquis kurdes au Sud et à l’Ouest du Kurdistan. Il cherche à encercler les régions kurdes et étouffer le Kurdistan. Il s’agit là d’une poursuite et d’une intensification de la politique menée à l’encontre des Kurdes depuis la fondation de la République turque.  On peut résumer cette politique en quelques mots : guerre, destructions, massacres, invasion.

En attaquant Afrîn, Erdogan n’a pas caché son intention d’étendre son invasion jusqu’au Sud-Kurdistan (Irak). Aujourd’hui, ce n’est plus une intention puisque l’armée turque vient de franchir les frontières de l’Irak, pénétrant à l’est dans la région de Biradosta et au sud dans celle de Bahdina. Son objectif est d’occuper ces deux zones pour encercler et occuper une partie du Sud-Kurdistan, à l’instar d’Afrîn. Si elle réussit dans ses desseins, la Turquie pourra ensuite étendre son occupation à tout le reste de la région kurde d’Irak.

Durant l’invasion d’Afrîn, les puissances occidentales sont demeurées silencieuses, tandis que la Russie a collaboré avec le régime turc en lui ouvrant l’espace aérien placé sous son contrôle. Aujourd’hui, face aux attaques contre le Sud-Kurdistan, la communauté internationale maintient son silence. Même le gouvernement irakien reste inerte face à la violation de sa souveraineté territoriale. Cela veut dire qu’il existe des ententes régionales et internationales permettant à l’Etat turc d’attaquer les Kurdes en toute impunité. Le silence et le laisser-faire de la communauté internationale exposent les Kurdes à des massacres dans toutes les régions du Kurdistan. C’est un outrage fait aux Kurdes du monde entier et en particulier aux Kurdes d’Europe. Se dresser contre les pratiques génocidaires de l’État turc n’est pas seulement une obligation découlant des normes internationales, c’est aussi un devoir moral.

L’objectif de la Turquie est de priver les Kurdes de tous leurs droits, d’anéantir les autonomies mises en place au sud et à l’ouest du Kurdistan et, finalement, de briser la résistance du peuple.

Nous condamnons fermement l’offensive de la Turquie et sa tentative d’invasion au Sud-Kurdistan.

Nous appelons tous les États, les Nations-Unies, l’OTAN, l’Union Européenne, la ligue Arabe et les forces démocratiques du monde entier à ne pas demeurer silencieux face à cette violation grave et flagrante du droit international et à soutenir la  lutte pour la liberté du Kurdistan.

Conseil démocratique kurde en France (CDK-F)
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