MOUVEMENT DE LA SOCİÉTÉ DÉMOCRATİQUE

CENTRE DES RELATİONS DİPLOMATİQUES

(NAVENDA TÊKILIYÊN DÎPLOMASÎYA TEVGERA CIVAKA DEMOKRATÎK)

Revue de presse

05 Juillet – 11 Juillet

 

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05/07/2018

 

Syrie : à Qamishlo, l’étonnante cohabitation de l’armée et des milices kurdes

La complexité de la guerre civile syrienne de sept ans est perceptible à Qamishlo, une ville située au nord-est de la frontière turque. Les forces loyales au président Bachar el-Assad et les miliciens kurdes alliés aux Etats-Unis vivent côte à côte.

A Qamishlo, dans le nord-est de la Syrie, chaque groupe militaire possède ses propres zones éparpillées à travers la ville et permet aux civils comme aux combattants en congé du régime de Bachar el-Assad de passer sans encombre d’un côté à l’autre.

Sur le marché central de la ville, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une milice arabo-kurde, et les troupes du gouvernement pro-Assad se partagent la juridiction, les commerçants et les clients.

Bien que n’étant plus majoritaire dans la ville, la communauté assyrienne a profité de l’affaiblissement du pouvoir de Damas pour organiser des cours en langue syriaque, un très ancien dialecte issu de l’araméen, la langue parlée par Jésus. Avant la guerre, il était illégal d’enseigner une autre langue que l’arabe en Syrie.

“Commencez à soutenir la paix”

 “Les gens viennent à la messe pour entendre la langue du Christ et prier pour la paix dans la région », explique Pierre Gaurie, un paroissien de 51 ans, depuis l’église syriaque de la Sainte-Vierge.

“Ici nous vivons côte à côte comme des frères. Mon message aux pays internationaux qui soutiennent la guerre ici, c’est : “Arrêtez de soutenir la guerre et commencez à soutenir la paix“, poursuit-il. C’est un meilleur choix”

L’expérience du partage du pouvoir et de l’autodéfense à Qamishlo a suscité le respect des capitales occidentales, qui ne croyaient plus possible une réconciliation des factions rivales en Syrie.

http://www.rfi.fr/

 

Officiel du TEV-DEM à propos de Damas : « Nous ne voulons pas de solution militaire, mais nous devons nous préparer pour notre auto-défense »

Mercredi, le Co-président du comité exécutif du TEV-DEM (Mouvement pour une société démocratique) Aldar Khalil s’est exprimé à l’occasion de la première conférence des Forces de sécurité intérieures de Syrie du Nord organisée à Rakka. Parmi les nombreux sujets évoqués, il est notamment revenu sur les difficultés à initier des négociations avec Damas.

“Vous tenez votre première conférence dans un climat sensible, fait de transformations et de conflits… Comme vous le savez, la Turquie occupe Afrin, comme si c’était une partie de son territoire. Nous devons faire en sorte qu’Afrin ne soit jamais oubliée et qu’elle soit un jour libérée” a-t-il déclaré.

Il a continué de s’adresser à la première assemblée des Forces de sécurité intérieure de Syrie du Nord en évoquant les menaces extérieures : « elles sont persistantes, que ce soit de la part de la Turquie ou de ses affiliés, de l’État islamique ou d’autres groupes terroristes ainsi que de la part du régime syrien. Il y a également beaucoup d’autres acteurs dans la région qui nous sont hostiles. Tout cela nous a fait réaliser l’importance de renforcer nos capacités d’auto-défense, et en particulier en matière de sécurité intérieure ».

Aldar Khalil a averti de la présence de ces éléments hostiles à l’intérieur des territoires tenus par la Fédération démocratique de Syrie du Nord. Pour lui, ils ont pour but la propagation de l’idée selon laquelle la Fédération serait en train de préparer le retour de Damas et de son autorité sur les territoires qu’elle détient.

“Soyons clairs, dès maintenant » a lancé M. Khalil, « si nous voulions que le régime revienne, pourquoi y aurait-t-il eu une révolution dans un premier temps ? Si le régime était juste et que le peuple l’acceptait, pourquoi s’est-il soulevé en Syrie en demandant la fin du régime?”

Le co-président du Conseil exécutif du TEV-DEM a ensuite expliqué l’alternative proposée par la Fédération démocratique de Syrie du Nord à propos de l’avenir en Syrie. « Il faut être réalistes, le régime, avec ses tendances centralisatrices, accorde beaucoup d’importance à un parti, à une nation, à une forme de gouvernance, à un centre du pouvoir… Toutes ces caractéristiques, nous les avons rejetées et personne ne les acceptera. Nous voulons seulement vivre en paix. Le seul moyen pour y parvenir, à terme, est la construction d’une Syrie démocratique et cela ne peut pas être réalisé si elle est basée sur le seul pilier d’une nation, d’une religion, d’une école de pensée ou d’un parti au pouvoir. »

Aldar Khalil a par ailleurs souligné le fait que les autorités de Syrie du Nord étaient en train d’étudier les possibilités évitant une solution militaire face aux problèmes auxquels elles font face. Mais il a insisté sur le fait que, si le recours à la force militaire s’avérait être la seule alternative, elles feraient usage de leur droit à l’auto-défense.

“Si vous avez l’impression que nous améliorons nos capacités de défense, ce n’est pas parce que nous recherchons une solution militaire. Nous espérons nous asseoir avec nos opposants autour de la table des négociations… Nous préférons le chemin politique conduisant vers une Syrie démocratique et nous avons installé un modèle pour toute la Syrie sous notre administration de la Syrie du Nord” a affirmé M. Khalil.

Il a insisté sur le fait que le gouvernement syrien ne semblait pas intéressé par des négociations : “nous ne savons pas s’il s’agit d’une posture tactique ou non. Mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu de négociations avec eux… Quelques-uns sur les réseaux sociaux ont répandu de telles rumeurs mais il n’en est rien”.

Craignant le pire, il a déclaré que l’auto-administration devait se préparer à un assaut potentiel d’al-Assad si Damas venait à rejeter la voie diplomatique. « Ceux qui n’apprécient pas notre projet démocratique sont nombreux et prépondérants au sein du régime syrien. Nous sommes prêts à mener des discussions, mais nous devons aussi préparer notre auto-défense. Ce serait très positif que des négociations aient lieu. Si ce n’est pas le cas, la lutte révolutionnaire se poursuivra », a conclu Aldar Khalil, en évoquant les martyrs tombés dans ce combat.

http://theregion.org/

 

 

32 blessés dans l’attentat de Manbij selon le Comité de Santé local

Le comité de Santé de Manbij a confirmé que 32 personnes avaient été blessées dans l’explosion survenue ce jeudi 5 juillet dans le quartier d’al-Haya à Manbij.

Selon le communiqué du Comité de la Santé, l’un des blessés se trouve dans un état critique. Il indique que les sérieuses blessures dont souffre Eli al-Hisen, 55 ans, ont nécessité son transfert à l’hôpital d’Alep.

La Co-présidente du Comité de Santé Muna Zakeriya a précisé que 22 personnes souffrant de blessures mineures ont quitté l’hôpital local après avoir été soignées. Elle a ajouté que les autres blessés étaient dans un état stable et pris en charge.

L’explosion s’est produite jeudi matin, durant une manifestation organisée par la population contre les menaces actuelles proférées par l’État turc sur Manbij.

La situation dans la ville reste tendue après un accord supposé conclu entre la Turquie et les États-Unis, fer de lance des forces de la coalition. Plusieurs délégations américaines se sont cependant rendues à Manbij ces derniers jours pour assurer à l’auto-administration et au Conseil militaire de Manbij que les troupes turques n’entreront pas dans la ville.

https://anfenglishmobile.com/

 

 

 06/07/2018

 

Le Conseil démocratique syrien condamne l’attaque sur Manbij et tient Ankara pour responsable

Le Conseil démocratique syrien (CDS) tient l’État turc pour responsable de l’explosion survenue à Manbij lors d’une manifestation contre la Turquie et ses menaces. Il a qualifié l’attentat de « signe de la défaite » de sa politique en Syrie.

Le Conseil démocratique syrien a fait une déclaration concernant l’explosion survenue durant une manifestation contre les menaces d’invasion de l’État turc à Manbij. Le CDS a condamné l’attentat qui a eu lieu dans le quartier al-Haya de Manbij. Dans son communiqué, il affirme que « l’attaque terroriste a pour but de créer le chaos parmi la population. »

Voici le communiqué du Conseil démocratique syrien:

“L’atmosphère de paix et de confiance qui s’est développé dans la Syrie du Nord ces dernières années démontre la réalité d’une vie commune entre les peuples. Les peuples de la région ont décidé de joindre leur sort les uns aux autres et de créer une atmosphère de confiance qui n’a pas d’équivalent en Syrie. En faisant cela, la population de Manbij a effectué un pas significatif contre l’État turc qui cherche à semer le trouble dans ses affaires domestiques.

Le 5 juillet 2018, le peuple de Manbij a organisé une manifestation dans le quartier d’al-Haya pour protester contre les interventions de l’État turc au sujet de Manbij et contre son invasion à Afrin. Cette manifestation contre la politique de la Turquie, dangereuse pour la sécurité de la région, a été visée par une attaque terroriste. Le but de cette marche était de dénoncer les agissements et la politique des forces d’invasion turques ou soutenues par la Turquie qui ne visent qu’à conduire à la ruine les régions de la Syrie du Nord. Un civil a perdu la vie et 32 autres ont été blessés.

Cette attaque perpétrée contre des civils démontre que les groupes terroristes et ceux qui les supportent, tant militairement que politiquement, ont échoué. Avec cette attaque, les envahisseurs désirent créer le chaos parmi les civils et terroriser le peuple. Ils veulent réduire au silence toutes celles et tous ceux qui n’acceptent pas les pratiques barbares de l’État turc.

Nous condamnons cette attaque terroriste, contraire à tous les principes de l’humanité. Notre peuple continuera d’insister et de résister face à de telles attaques. Cette dernière ne montre qu’une seule chose : la faiblesse de ceux qui l’ont commise et de leurs soutiens. Toutes les tentatives de déstabilisation du peuple de Manbij se solderont par une défaite. »

https://anfenglishmobile.com/

 

18 morts dans un attentat à la voiture piégée dans l’est-syrien

18 personnes, dont 11 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont été tuées vendredi dans l’est de la Syrie dans l’explosion d’une voiture piégée devant un siège de cette coalition de combattants arabes et kurdes soutenue par les États-Unis, a indiqué une ONG.

“Un dirigeant et 10 membres des FDS ainsi que sept civils, dont trois enfants, ont été tués par l’explosion d’une voiture piégée devant un siège des FDS à Bsayra, une localité de l’est de la province de Deir ez-Zor », a dit à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L’attentat n’a pas été revendiqué, mais M. Abdel Rahmane n’a pas exclu qu’il soit l’œuvre du groupe État islamique (EI), qui a souvent mené des attaques similaires.

L’organisation ultra-radicale a perdu de larges secteurs de la province de Deir ez-Zor, frontalière de l’Irak, à la suite de deux assauts distincts menés d’un côté par les forces gouvernementales, sur la rive ouest du fleuve Euphrate, et de l’autre par les FDS, sur la rive est.

Le groupe jihadiste maintient une présence dans des villages de l’est de la province de Deir ez-Zor.

Les FDS ont lancé début mai la dernière phase de leur offensive pour mettre fin à la présence de l’EI dans l’ensemble de cette région de Syrie.

L’EI ne contrôle plus aucune ville en Syrie, mais il maintient quelques milliers de combattants dans des villages, localités et poches.

https://www.afp.com/fr

 

 

Les Nations-Unis prennent-t-elles en compte les crimes commis par la Turquie contre la population d’Afrin ?

L’armée d’occupation turque et ses mercenaires ont enlevé plus de 140 citoyens d’Afrin durant le seul mois de juin. Des dizaines d’hectares de terres agricoles ont été brûlés, notamment sur la seule île du lac Maydanki. Il n’est pas nécessaire de mentionner que le changement démographique, les autres abus ou crimes contre la population sont toujours d’actualité. Malgré cela, l’envoyé spécial des Nations-Unies a sobrement déclaré que la situation générale des civils à Afrin était “bonne”. Est-ce que ces crimes seront un jour reconnus par l’ONU ?

L’agence de presse Hawar (ANHA) a répertorié les agressions et les crimes commis par l’armée d’occupation turque et ses mercenaires contre la population civile d’Afrin, ce qui a permis l’élaboration d’un rapport sur les multiples violations des droits humains dans le canton occupé d’Afrin.

Meurtres et enlèvements

Sous prétexte de sauver le peuple d’Afrin du terrorisme, l’occupant turc et ses milices affiliées ont attaqué le canton d’Afrin en janvier 2018. Après deux mois de résistance acharnée, les

Forces démocratiques syriennes procèdent à l’évacuation d’Afrin. Débute alors son occupation par la Turquie et les mercenaires à son service. Depuis le premier jour et jusqu’à aujourd’hui, le canton d’Afrin EST le théâtre de nombreux affrontements et conflits. Le 1er juin, certains groupes terroristes soutenus par la Turquie et le clan arabe al-Boubana s’affrontent dans les quartiers d’al-Mahmudiya, d’al-Zaida et d’al-Ashrafieh à Afrin. À minuit passé, le bilan est lourd : cinq civils tués, dont une femme du clan mentionné précédemment, et de nombreux blessés.

Au cours du mois de juin, les forces d’occupation turques ont kidnappé plus de 140 civils. La plupart d’entre eux sont des jeunes et l’on compte aussi des femmes. Certains ont été enlevé à plusieurs reprises comme Abdul Rahman, 35 ans, originaire du village de Kafar Safra dans les alentours de Jinderes, kidnappé trois fois.

Durant ses raids sur les foyers de Mabata à quelques kilomètres au nord de la ville d’Afrin, l’occupation turque a arrêté 110 personnes, là aussi principalement des jeunes. Dans le même district, des jeunes hommes ont été blessés alors qu’ils tentaient de s’opposer à l’arrestation d’une femme par les mercenaires de la Turquie. Toujours dans le district de Mabata, dans le village de Dar Qara, 25 personnes ont été arrêtées. L’agence ANHA s’est procurée l’identité de 23 d’entre elles, dont une femme : Ahmad Ali (19 ans), Mohamed Refaat Ali (50 ans), Fatah Aliko (âge inconnu), Khalili Omar Aliko (22 ans), Mohamed Aliko (53 ans), Nazmi Aliko (60 ans), Sabri Aliku (âge inconnu), Sabri Ahmed Hanan (52 ans), Hamuda Jamal (35 ans), Shyar Jamal (23 ans), Akram Kader (45 ans), Firas Mohamed (30 ans), Amin Haj Manan Mustafa (19 ans), Aziz Haj Manan Mustafa (50 ans) Dyar Haj Manan Mustafa (19 ans), Manan Haj Manan Mustafa (21 ans), Mohamed Haj Manan Mustafa (57 ans) et sa femme Sefin (42 ans), Shyar Haj Manan Mustafa (21 ans), Mustapha Samer (43 ans), Farid Shawq (28 ans), Bahzat Suleiman (35 ans), Asaad Yusef (60 ans)

Selon des sources fiables, ces enlèvements sont menés sous de faux prétextes et ont pour seul but la demande de rançon auprès des proches des personnes kidnappées en contrepartie de leur libération. Durant leur détention en dehors de tout cadre légal, ces personnes sont souvent torturées.

Au regard des pratiques régulières de l’occupation turque dans le canton d’Afrin, des dizaines de personnes se sont réunies à plusieurs reprises au cours du mois de juin pour demander la remise en liberté de personnes arrêtées et enlevées de manière arbitraire.

Changement démographique

Avec la bienveillance de la Russie et celle évidente de la Turquie, l’armée d’occupation envoyée par Ankara poursuit sa politique de changement démographique dans le canton d’Afrin. Dans le village de Qakra par exemple, district de Mabata, la Turquie a installé 40 familles arabes de mercenaires combattant au côté de ses soldats. Ces familles ont été relogées dans les maisons et appartements d’autres familles locales, forcées de quitter ce village à la suite de l’invasion puis de l’occupation turque. Hanif Ezzat Rashid, Kazim Qali Suleiman, Mohamed Waqas et tant d’autres font partie de ces personnes dépossédées de leurs biens.

Le village de Qakra n’est qu’un petit exemple de la politique conduite à grande échelle par la Turquie afin de remplacer des populations originaires de communautés variés par des familles essentiellement arabes et turkmènes, dont elle s’assure ainsi le soutien dans l’occupation du canton d’Afrin.

Vols et pillages

Dans le cadre de sa tactique globale de pillage et d’exploitation des ressources naturelles qui étaient il y a peu encore propriété commune de la population d’Afrin, l’armée d’occupation turque a envoyé 70 moissonneuses-batteuses récolter le blé et l’orge des champs d’Afrin avant de le transférer en Turquie.

Avec pour seule motivation la destruction d’un magnifique cadre de vie, les soldats turcs et les mercenaires qui combattent à leurs côtés ont déclenché un incendie dans la forêt à proximité du village de Maydanki, sur la seule île du lac éponyme.

Par ailleurs, dix hectares plantés de blé et d’orge ont aussi été brûlés. La famille Irfa, du village de Qibar a vu trois hectares qu’elle cultivait partir en fumée. Zakaria Sheikh Hamza et sa famille ont également souffert de cette politique de la terre brûlée (quatre hectares) dans leur village de Dar Qarah.

Dans le village de Kurzila, proche de Sharawa, deux véhicules civils ont été volés à leurs propriétaires sous prétexte que ceux-ci n’avaient pas de papiers en règle. Cette saisie illégale est intervenue après l’attaque de leur maison par l’armée turque et des groupes affiliés. Ces derniers ont par ailleurs volé trois générateurs qui fournissaient de l’électricité aux antennes-relais de Syriatel-MTN dans le district de Rajo.

Tous les faits évoqués dans ce dossier ne constituent en aucun cas une liste exhaustive des exactions et crimes perpétrés par la Turquie et les mercenaires dont elle s’est fait des alliés. Lorsque Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations-Unis en Syrie, déclare que la situation des civils à Afrin est « bonne », c’est une déformation délibérée et honteuse de la réalité que vivent chaque jour les populations civiles sous l’occupation turque lorsqu’elles n’ont pas été installées par celle-ci.

http://www.hawarnews.com/en/

 

 

07/07/2018

 

Les femmes de Kobanê s’organisent seules

Soutenues par le Kongra-Star, les femmes de Kobanê gèrent seules leurs activités et vie professionnelle ; de la sécurité à la justice, en passant par la diplomatie. C’est dans cette optique que le Kongra-Star est à pied d’œuvre dans l’organisation d’une conférence sur le sujet, programmée le 15 juillet à Kobanê.

Jusqu’à présent, le Kongra-Star a accompli énormément de travail dans la formation des femmes et cette institution a été une base fondatrice de la lutte pour la liberté féminine. À Kobanê, le Kongra-Star cherche à trouver les solutions aux problèmes auxquels elles font face. Il travaille pour cela main dans la main avec les communes et conseils de la ville et de sa campagne afin d’éviter les erreurs et expériences négatives.

Membre du Kongra-Star et coordinatrice pour la région Euphrate, Falek Yousef explique que la tenue de la conférence a été rendue possible grâce à un an de travail acharné. Pour l’agence de presse ANHA, elle est revenue sur cette année de préparation. Elle tient à préciser que la mise en place d’une organisation féminine a débuté en 2005, alors appelée Union-Star. Mais à la suite de la Révolution au Rojava, le nom a été modifié pour celui de Kongra-Star, en 2016.

Pour elle, la façon de mener leur lutte a changé avec l’accomplissement de la Révolution au Rojava. L’organisation inclue désormais des femmes de toutes les composantes de la société : arabe, kurde, turkmène, syriaque, arménienne et assyrienne. « Notre but principal est d’entraîner et d’organiser les femmes de façon à ce qu’elles s’accomplissent elles-mêmes dans la société et résolvent leurs problèmes. »

Domaine de la formation

La coordinatrice fait remarquer qu’elles sont en train d’ouvrir de nouvelles académies de formation, centrées sur la mentalité. Les sujets de formation tournent autour de la lutte des femmes pour la liberté, les sciences de la femme (jinéalogie), l’histoire de la femme et la société.

Domaine de la justice

Les problèmes rencontrés par les femmes dans la société, dans la relation qu’elles entretiennent avec elle, sont nombreux. Elles veulent résoudre ces problèmes de différentes manières. “Lorsqu’il y a un problème lié aux femmes, la commune et le comité dédié aux affaires féminines le résolvent. Si cela n’est pas possible, le “dossier” est envoyé à la Maison des Femmes, qui, si elle ne peut trouver une solution à son tour, le transfère au Tribunal des Femmes pour être résolu. »

Domaine économique

Selon elle, l’économie des femmes se renforce grâce aux associations. De nombreux projets ont été réalisés dans les domaines de la couture, de la restauration ainsi que dans l’agriculture alors que d’autres idées sont également à l’étude. Falek Yousef note que l’aspect économique est primordial pour que les femmes s’organisent dans la société et elles donnent donc de l’importance au travail, source de revenus économiques et d’émancipation.

La conférence prévue le 15 juillet sera renouvelée chaque année à Kobanê. « Au cours de la conférence, nous mettrons en place un calendrier annuel. Des changements dans la gestion des conseils auront lieu et nous communiquerons sur le travail que nous avons effectué dans la région au sujet des femmes. Nous sommes dans la dernière ligne droite des préparatifs de la conférence et ils se font à une allure accélérée. »

http://www.hawarnews.com/en/

 

 

Forces démocratiques syriennes : 31 villages libérés par l’opération “Tempête de la Djéziré”

Le commandement général des FDS a dressé un bilan de l’opération “Tempête de la Djéziré” : « l’opération militaire se déroule sur deux axes, l’un à partir d’al-Shaddadi, le second à partir d’al-Hawl. Jusqu’à présent, 330 kilomètres carrés et 31 villages ont été libérés. »

Le communiqué écrit du commandement général des Forces démocratiques syriennes concerne les actions entreprises contre l’État Islamique (EI) entre le 24 juin et le 05 juillet. Le centre de presse des FDS a annoncé qu’après la libération d’al-Dashisha, localité située au sud de Hasakê, lors de la seconde phase de l’opération “Tempête de la Djéziré”, l’offensive contre l’EI et ses gangs se poursuit et est toujours en cours.

Outre les territoires et villages attenants libérés des mains de l’organisation terroriste évoqués plus haut, « plusieurs dizaines de hameaux ont été repris et des centaines de civils secourus. (…) Nos forces ont engagé le combat avec les mercenaires de l’EI à quatre reprises, en faisant usage de leur armement lourd et léger.

Jeudi 5 juillet, d’intenses échanges de tirs ont eu lieu sur les deux axes composants la ligne de front. Le groupe terroriste a essayé de stopper l’avancée des FDS mais a échoué dans sa tentative. Quatre de ses membres ont été tués et huit autres capturés. Par ailleurs, des armes et des munitions ont été saisies ainsi qu’une radio.

La coalition internationale a effectué quatre bombardements en appui de nos forces au sol. Ces frappes aériennes contre des bases de l’EI ont tué huit terroristes et détruit trois de ses véhicules. Une de ces bases a complètement été détruite.

Lors des affrontements, l’un de nos camarades est tombé martyr et trois autres ont été blessés. »

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08/08/2018

 

Un avion inconnu a bombardé le QG de la brigade al-Hamzat à Afrin

Un avion dont l’origine est inconnue a bombardé mardi 3 juillet le quartier général de la brigade al-Hamzat, situé à proximité du village de Satiya dans le district de Jinderes. Une puissante détonation a été entendue dans le secteur peu de temps avant le bombardement de cette milice terroriste soutenue par l’armée turque.

Un avion, dont l’origine est inconnue, a bombardé mardi 3 juillet le quartier général de la brigade al-Hamzat. Selon une source locale du village de Satiya, à l’origine de cette information, une puissante détonation a été entendue dans le secteur peu de temps avant le bombardement de cette milice terroriste soutenue par l’armée turque. Son quartier général se trouve dans la vallée agricole de Haftar, entre les villages de Satiya, Kkhera et Jolaka, dans le district de Jinderes.

Aucune information supplémentaire n’a pu être obtenue. Cette zone accidentée de la région d’Afrin est souvent témoin de conflits entre les diverses factions membres de la force d’invasion turque à Afrin. Leurs luttes intestines concernent l’influence que chacune désire exercer sur la région ainsi que le partage des biens spoliés à la population locale.

http://www.hawarnews.com/en/

 

 

Du théâtre au camp de réfugiés de Shahba

La pièce a été jouée par le Conseil des Arts et de la Culture d’Afrin.

L’équipe du Conseil des Arts et de la Culture d’Afrin a interprété “Horse Tail” au camp de refugié Berxwedan, dans le district de Shahba, samedi soir.

Plusieurs centaines de personnes ont assisté à la représentation. L’occasion pour ces réfugiés d’Afrin d’oublier le temps d’une soirée la violence et les difficultés subies depuis plusieurs mois et l’invasion turque en janvier 2018.

Outre la tenue de pièces de théâtre que le Conseil des Arts et de la Culture d’Afrin a l’intention de renouveler dans le camp de Shahba, il organise aussi des évènements musicaux avec des concerts donnés aux réfugiés.

https://anfenglishmobile.com/

 

 

Pourquoi plantons-nous des arbres dans la Syrie du Nord

Cette terre a été libérée de Bashar al-Assad et de l’État islamique. Nous avons maintenant besoin d’aide pour la faire vivre.

“Il y a trente ans, cette zone était remplie d’arbres » raconte Adin en pointant du doigt des champs de blé moissonnés, bande de terre poussiéreuse qui s’étale jusqu’à la frontière turque, derrière l’horizon. « Mais le régime a envoyé des hommes pour tous les couper. »

Nous sommes dans la région autonome de Syrie du Nord, également connue sous le nom de Rojava, et nous nous tenons sur le sommet d’une colline plantée de jeunes arbres. Pour les regards inhabitués, le paysage a l’air incroyablement aride. Mais Adin, un ami kurde travaillant dans une pépinière à proximité de Derik, se souvient de l’époque où il était encore vert, vivant.

Notre but en tant que membre de la commune internationaliste du Rojava est de faire que cette terre redevienne verte. La déforestation de masse est l’un des nombreux outils utilisé par la dynastie al-Assad pour réprimer le peuple kurde qui compose la majorité de la population au Rojava.

La langue kurde était ainsi interdite, beaucoup de Kurdes ont été déchus de leur nationalité, devenant ainsi des citoyens de seconde zone. Les militants kurdes étaient eux torturés, assassinés. En 2004 par exemple, de nombreux Kurdes ont été tués à la suite d’une manifestation dans la ville à majorité kurde de Qamishlo.

La répression ethnique a aidé le régime à faire du Rojava une colonie intérieure, en extrayant les richesses de la région tout en maintenant la population dépendante du monopole d’État autour du pétrole et de la monoculture du blé. Les hochements de tête des puits de pétrole sont visibles partout au Rojava mais il n’existe pas de raffinerie dans la région.

De même, le gouvernement central a forcé la surproduction de blé en utilisant les champs du Rojava pour faire déborder de grain les magasins de Damas. Pour appuyer cette politique d’État, une interdiction de planter des arbres et de cultiver autre chose que du blé avait été proclamée. La surutilisation de fertilisants a été destructrice pour la terre, amenée au bord de la stérilité pour encore de longues années.

En 2011, le régime, entraîné dans la guerre civile, a créé un vide du pouvoir. Le peuple kurde, après avoir été capable d’établir une administration autonome, s’est attiré un soutien mondial en combattant et vainquant l’État islamique à Kobanê.

Suivant les principes et la philosophie de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan, le peuple kurde a mis en place le “confédéralisme démocratique”. Ce système politique est basé sur des conseils de quartiers, appelés “communes”, et a pour principe la libération des genres, la démocratie radicale et l’écologie.

Les gens ordinaires, au travers de ce système de communes, décident de la plupart des questions politiques. Les femmes ont également un rôle prépondérant et s’organisent de manière autonome à toutes les échelles de l’auto-administration où 50% de postes à responsabilité leurs sont garantis.

La commune internationaliste n’est qu’une parmi des milliers dans le Rojava. Mais elle a ceci d’unique qu’elle offre une place pour les internationalistes du monde entier qui désirent apprendre de la révolution et contribuer à la lutte pour une société féministe et écologique.

Ces cinq dernières années, un travail essentiel a déjà débuté pour réduire la surdépendance en blé de la région ainsi que l’utilisation excessive de pesticides et d’eau nécessaire à cette culture. Les nouveaux forages ont été interdits, tandis que de nouvelles communes écologiques voyaient le jour. Des réserves naturelles ont été créées et la diversification des cultures s’étend chaque année. Mais modifier l’écologie de la région est une tâche immense, surtout en temps de guerre. Un seul regard autour des champs arides nous entourant suffit à faire comprendre à quel point nous sommes proches de la sécheresse.

L’an passé, des membres de la commune ont entamé des recherches sur la manière dont nous pouvions contribuer à cette lutte en cours. En étudiant les théories de Murray Bookchin, Silvia Federici et Abdullah Öcalan, nous en sommes venus à la conclusion que de telles crises écologiques résultaient de structures de pouvoirs oppressives.

En discutant avec la population locale et les comités écologies présents au sein des communes, nous avons appris que la Turquie réduisait le débit des fleuves et rivières en amont, maintenant en permanence le Rojava au bord de la sécheresse. L’État islamique a de son côté détruit de nombreuses sources d’eau et déclenché de nombreux feux avec le pétrole pour masquer ses mouvements devant l’avancée de la résistance kurde. Par ailleurs, des années de guerre ont pollué le sol de divers métaux, munitions et autres déchets toxiques.

C’est pour cet ensemble de raison que nous avons établi une pépinière, pour aider à restaurer la fertilité et la stabilité de la terre. La plantation d’arbres symbolise notre volonté de contribuer à la construction d’une société écologique qui va au-delà de l’individu et qui soit bénéfique aux générations futures.

Les dizaines de milliers d’arbres que nous sommes en train de planter ensemble avec la population locale sont juste le premier projet de notre campagne “Make Rojava Green Again”. Ici à la commune, nous développons des projets durables tel que l’énergie éolienne et un système pour recycler les eaux usées pour une utilisation agricole. Ces projets pilotes seront multipliés à travers la région.

Les soutiens de la part d’experts internationaux dans les domaines énergétique et écologique sont les bienvenus, que ce soit en venant nous rendre visite à la commune ou en partageant leurs connaissances depuis leur pays d’origine. Bien évidemment, tout le monde ne peut pas voyager jusqu’en Syrie. C’est pourquoi, nous avons lancé un crowdfunding afin de publier un livre sur nos recherches, expériences et luttes menées ici. Ce livre est une graine, le premier pas pour nous aider à connecter les luttes écologiques à travers le monde afin de travailler ensemble à travers les idéaux partagés par la révolution du Rojava.

En même temps, de nombreuses forces tentent de balayer ces idéaux. Plus tôt cette année, notre amie Anna Campbell a donné sa vie en résistant à Afrin au violent assaut de la Turquie sur les principes féministes, écologiques et démocratiques du Rojava. Anna était présente lorsque nous avons partagé notre premier repas à la commune et notre académie porte son nom kurde, Helin Qerecox. Pendant que les bombardements turcs, qui ont pris la vie d’Anna, s’abattaient sur Afrin, les milices jihadistes embrasaient les iconiques champs d’oliviers de la région.

Grâce au sacrifice de héros comme Anna, cette terre a pu être libérée après des décennies d’oppression et de guerre. Nous estimons qu’il est de notre responsabilité de maintenir cette terre libre et vivante et de la transmettre comme telle aux générations à venir.

Vous pouvez supporter le crowdfunder “Make Rojava Green Again” et visiter leur site internet pour plus de détails sur le travail de la Commune internationaliste sur http://internationalistcommune.com/

https://www.independent.co.uk/

 

 

 

09/07/2018

 

L’armée américaine a délivré de nouveaux équipements aux Forces Démocratiques Syriennes en dépit du désaccord de la Turquie

Les services militaires américains ont fourni de nouveaux équipements aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dans lesquelles les Kurdes jouent un rôle prépondérant. Cette augmentation du soutien militaire américain s’est faite malgré les vives protestations de la Turquie.

Selon une source à l’intérieur des FDS, leurs troupes ont récemment reçu du matériel militaire de la part de l’armée américaine dans la province de Hasakê. Le convoi américain était composé de plus de 200 camions remplis d’armes, de munitions et d’équipements militaires.

D’après cette source, le convoi serait entré dans la région de Hasakê à partir du poste-frontière de Semalka, géré par les Forces démocratiques syriennes, et son pendant irakien, Faysh Khabur, sous surveillance des gardes-frontières irakien.

Ces livraisons devraient donner un élan majeur au FDS dans leurs combats actuels contre l’État islamique, au sud-est de Hasakê.

https://www.almasdarnews.com/

 

 La politique turque de changement démographique se poursuit dans le nord de la Syrie

Depuis le 24 août 2016 et l’occupation de la ville frontalière de Jarabulus, la Turquie a étendu sa domination sur les territoires nord-syriens sous prétexte d’établir une zone sécurisée pour les réfugiés syriens. Mais, petit à petit, la Turquie impose son hégémonie sur le nord de la Syrie pour y rester un long moment et y asseoir son occupation.

Depuis le début de la crise en Syrie, la Turquie n’a cessé de demander l’établissement d’une zone tampon dans le nord-syrien, prétextant la présence de communautés turkmènes en danger dans la région d’al-Shahba, au nord d’Alep. Le 24 août 2016, la Turquie lance l’opération “Bouclier de l’Euphrate”. Officiellement, il s’agit de combattre l’État islamique (EI), à cette époque présent dans la région, et d’établir une zone sécurisée à sa frontière. En réalité, l’opération consiste davantage en une remise des localités de la région par l’EI à la Turquie, en échange d’un approvisionnement en armes et en munitions pour combattre les Forces démocratiques syriennes à l’est de l’Euphrate. Le but est double : éviter la jonction des cantons de Kobanê et d’Afrin tout en barrant aux FDS la route conduisant à Rakka.

Après avoir occupé une partie d’al-Shahba ainsi que le canton d’Afrin, la Turquie a mis en œuvre à l’encontre des populations de ces régions la même politique que le régime baasiste avant elle. Des milliers de familles kurdes et arabes ont été déplacées d’al-Shahba, de la région d’Alep et, en dernier lieu, d’Afrin. Elles ont été remplacées par des familles turkmènes originaires d’Irak et du reste de la Syrie, ainsi que des familles arabes favorables à la Turquie et à sa politique. Ce changement démographique forcé s’est accompagné de l’enlèvement et/ou de l’assassinat de centaines de personnes, le sort de nombre d’entre elles demeurant à ce jour inconnu. Les vols et les pillages massifs obscurcissent encore un peu plus le tableau.

Quelques temps après son arrivée dans ces zones désormais sous sa domination, l’armée d’occupation turque a accroché les photos de ses soldats tués au combat aux entrées des villes occupées. Le drapeau turc est hissé et les portraits du président turc Erdogan sont affichés sur les murs des institutions civiles.

Plus à l’ouest, dans la région d’Idlib, la Turquie a saisi des tours de communication. Un pas supplémentaire après avoir entrepris la construction d’une douzaine de points de contrôle autour de cette région accolée à la province turque du Hatay. La construction de ces tours de surveillance s’inscrit dans le cadre des zones de désescalades, instaurées et garanties, en théorie, par la Turquie, l’Iran, la Russie et le régime syrien.

Des compagnies de télécommunication turques sont en train d’installer des relais de communication à proximité des postes d’observation turcs afin d’en prévenir le vol ou la destruction.

La politique d’occupation turque chez son voisin devient de plus en plus profonde et patente. La formation de conseils locaux, de la police libre, l’instauration de cursus en langue turque dans les écoles par la Turquie dans les zones qu’elle contrôle, leur turquification générale, rendent évidente la volonté turque de demeurer en Syrie sur le long terme.

http://www.hawarnews.com/en/

 

 

Un rapport des Nations-Unies détaille les violations à grande échelle des droits de l’homme à Afrin

Voici quelques extraits du rapport :

II. Structures de gouvernance

“Après l’établissement initial de l’autorité des forces turques et des groupes armées affiliés sur Afrin, les représentants des services publics, juges inclus, ont été remplacés et les structures de gouvernance, altérées. À Afrin, comme effectué précédemment dans les districts d’al-Bab, d’Azaz et de Jarabulus, les structures de gouvernances ont été nommément remises au “Gouvernement intérimaire syrien”, basé en Turquie. Les structures de gouvernance locales existantes ont été remplacées par un conseil local établi par la Turquie, initialement nommé “Conseil de Salut d’Afrin”.

Une “police civile” locale (entraînée et équipée par la Turquie) a été déployée dans la ville d’Afrin le 24 mai. Elle est censée être composée des deux communautés, arabe et kurde, issues d’Afrin et d’autres régions en Syrie. Un ressortissant syrien a également été désigné par les officiels turcs pour agir en tant que juge en charge des affaires juridiques à Afrin. Cette personne doit se rendre depuis la Turquie à Afrin régulièrement car elle ne peut pas y demeurer pour des raisons de sécurité.

La Turquie maintient néanmoins sa surveillance sur ces structures de gouvernance. Deux ressortissants turcs ont été chargés par le vali (préfet) du district turc du Hatay de remplir les fonctions de préfet à Afrin et de lui en rendre compte directement. Un de ces deux valis se rend à Afrin tous les deux jours et ce pour quelques heures, avant de retourner dans le Hatay avec un rapport sur la situation sur le terrain. »

III. Abus et violences dans les régions sous contrôle des forces turques et des groupes armés d’opposition affiliés.

La situation des civils dans les régions sous contrôle des forces turques et des groupes armés d’opposition affiliés opérant sous leur contrôle demeure sous-évaluée, en dépit de sérieuses craintes s’élevant au regard de leur sécurité et bien-être. Dans des zones telles que Afrin, al-Bab, Azaz et Jarabulus, la sécurité reste volatile, avec les autorités de facto actuellement incapables ou échouant à assurer l’ordre public et la sécurité (une situation exacerbée par les conflits entre différents groupes armés, rendue encore pire avec l’arrivée de nouveaux combattants issus d’autres groupes armés, en provenance d’autres régions de Syrie dont la Ghouta orientale).

Des sources à Afrin ainsi que d’autres dans le gouvernorat d’Alep-Nord rapportent au Haut-commissariat aux Droits de l’Homme des Nations-Unies (HCDH) qu’il y a un niveau élevé de crimes violents avec des civils victimes de vols, de harcèlement, d’enlèvement et de meurtre. Le HCDH continue de recevoir des affirmations de discrimination contre les civils perçus comme sympathisants ou comme ayant des liens avec les forces kurdes. »

Ordre Public et Sécurité

“Les informations reçues par le HCDH font état d’un désordre et d’une criminalité rampante commis par les groupes armés dans les zones sous le contrôle des forces turques et des groupes armés opérant sous leur contrôle dans le nord de la Syrie. Ces rapports incluent des cas de vol, de harcèlement, de traitement cruel et d’autres abus et occasionnellement de meurtre, perpétrés en particulier par la Division Sultan Murad, laquelle est composée principalement de combattants turkmènes ; la Division Hamza, constituée de quatre groupes armés d’opposition qui combattaient auparavant sous la bannière de l’Armée syrienne libre (ASL) dans la ville de Marea, proche d’Alep, jusqu’en 2016 ; et Ahrar al-Sharqiya, dont le gros des forces provient du gouvernorat de Deir ez Zor.

Le HCDH a aussi recensé une augmentation des affrontements armés entre différents groupes censés être sous le contrôle des forces turques. Ces affrontements ont un impact sérieux sur les civils, entraînant notamment des morts et des blessés. Des civils ont informé le HCDH qu’un certain nombre de membres de ces groupes armés d’opposition opérant dans la région sont d’anciens criminels locaux, trafiquants ou dealers de drogue bien connus.

De plus, les conflits entre différents groupes armés ont été exacerbés par l’arrivée, avec l’approbation de la Turquie, de nouveaux combattants issus de groupes tels que Failaq al-Rahman ou Jaish al-Islam et leurs familles en provenance d’autres régions syriennes. Ces arrivées se sont faites soit grâce aux “accords de réconciliation” passés dans des zones telles que le Ghouta orientale, soit après la fuite de ces familles suite à un accueil hostile de la part d’Hayat Tahrir al-Sham dans le gouvernorat d’Idlib.

Le 6 mai, un affrontement armé a éclaté dans le centre-ville d’al-Bab, densément peuplé de civils, entre les hommes d’Ahrar al-Sharqiya qui avaient participé à l’opération “Bouclier de l’Euphrate”, et ceux d’Ahrar al-Sham, qui aurait été renforcés par des combattants d’Azaz et de Jarabulus. Les violences sont survenues quelques heures après le meurtre supposé de dix hommes, réfugiés originaires du gouvernorat de Deir ez Zor, récemment arrivés à al-Bab en compagnie d’autres déplacés internes originaires d’al-Qalamoun, zone rurale du gouvernorat de Damas. Les dix civils auraient été assassinés d’une balle dans la tête à un check-point installé par des membres armés de la famille al-Waki (qui bénéficie de liens étroits avec certains groupes armés) à proximité du rond-point d’al-Center. Les rapports reçus par le HCDH ont confirmé que plusieurs check-points avaient été établis à la suite de cet événement par Ahrar al-Sharqiya et Ahrar al-Sham à partir desquels ils ont échangé des coups de feu et ont imposé des restrictions de déplacement aux civils. Les fusillades ont causé la mort de trois civils, dont une femme. 19 autres ont été blessés, dont un nombre non confirmé de femmes et d’enfants.

Le HCDH confirme aussi les rapports de pillage de propriétés, qu’il s’agisse de maisons, de magasins ou d’installations gouvernementales et militaire ; la confiscation de propriétés immobilières ou foncières par des combattants de divers groupes armés affiliés à la Turquie. Le pillage à grande échelle semble avoir lieu immédiatement après la prise de contrôle d’une zone, bien que les rapports qui continuent d’être reçus font état de pillages continus au quotidien, en particulier les véhicules et les équipements agricoles. »

(…)

“Le HCDH a recensé au moins onze cas d’enlèvements de civils, dont des femmes et des enfants. Certains ont été relâchés plus tard après avoir payé des rançons s’étalant de 1000$ à 3000$ alors que le sort des autres demeure inconnu. »

Discrimination

“Le HCDH continue à recevoir des rapports faisant état de discriminations exercées à l’encontre des civils et en particulier des Kurdes d’Afrin par les autorités de facto. »

(…)

“De nombreux civils cherchant à retourner dans leurs maisons les ont trouvées occupées par des combattants (de groupes affiliés à la Turquie) et leurs familles qui ont refusé de les rendre à leurs propriétaires de droit. D’autres civils ont raconté avoir retrouvé leur maison pillée ou sérieusement endommagée. Le HCDH s’inquiète de ce que permettre à des populations arabes d’occuper les maisons appartenant aux Kurdes ayant fui les combats empêche dans les faits le retour des Kurdes dans leurs foyers. Cela pourrait constituer une tentative de changer de manière permanente la composition ethnique de la région. »

(…)

“Le HCDH confirme que le district d’Afrin a été divisé en “carrés de sécurité” parmi les différents groupes armés soutenus par la Turquie, dont Jaish al-Islam et Failaq al-Sham, récemment arrivés dans la ville. Chaque “carré de sécurité” contient plusieurs quartiers, chacun tenu par un groupe armé spécifique qui établit plusieurs check-points autour de ces zones pour contrôler les mouvements des civils.

La périphérie du district d’Afrin resterait sous le contrôle direct des militaires turcs, maintenu par un réseau de check-points. Pour se déplacer entre les différents “carrés de sécurité” d’Afrin, les villages et les villes de la région, les civils doivent obtenir une autorisation écrite de l’armée turque ou du groupe en charge de la zone qui constitue leur point de départ, ainsi qu’une autre autorisation de l’armée turque ou du groupe armé en charge du point d’arrivée.

Le HCDH a reçu des informations sur le fait que les personnes originaires du district d’Afrin (et en particulier les Kurdes) sont soumises à des procédures de contrôle plus strictes et plus longues pour obtenir une autorisation de déplacement que les combattants déplacés internes (de Syrie) et leurs familles ou les nouveaux arrivants à Afrin d’autres région telle que la Ghouta orientale. »

(…)

Santé publique et hygiène

“Outre le désordre ambiant qui a au moins affecté les opérations dans un hôpital d’al-Bab, il y a aussi des indications d’un grave manque d’accès à l’assistance humanitaire de base, notamment à Afrin. Actuellement, seules quelques ONG sont autorisées à accéder à Afrin (et toutes doivent être enregistrées en Turquie). Les ONG travaillant actuellement sur le terrain ne sont pas en mesure de répondre aux besoins humanitaires de toute la population. Il y a une augmentation des rapports au sujet de maladies résultant d’un manque d’accès à de l’eau propre.

Ceux qui souffrent de sérieux problèmes médicaux sont pris en charge dans des hôpitaux à l’extérieur du district d’Afrin, que ce soit à al-Bab, Azaz ou Jarabulus. Des restrictions sont souvent imposées aux personnes cherchant à quitter les zones sous contrôle des forces turques ou des groupes armés affiliés pour obtenir une assistance médicale. Les patients sont souvent forcés de payer de grosses sommes au groupes armés en charge des check-points le long des routes pour pouvoir accéder aux soins dont ils ont besoin. » (…)

Vous trouverez ci-dessous, l’ensemble du rapport détaillé en anglais:

https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/ohchr_-_syria_monthly_human_rights_digest_-_june_2018.pdf.

 

 

10/07/18

 

Al-Mashi : « prendre les civils pour cible à Manbij démontre la faiblesse de l’ennemi »

L’agence de presse Hawar a rencontré Faruq al-Mashi, sheikh du clan al-Bobna et co-président de l’Assemblée législative de Manbij, pour évoquer les différentes menaces pesant sur la ville et les attaques contre les civils.

Pour Faruq al-Mashi, Manbij a été l’objet de nombreux accords du fait de son importante position stratégique depuis le début du mouvement révolutionnaire en Syrie. Les exactions de l’État islamique contre le peuple de Manbij durant son occupation de la ville en 2014 ont également été au cœur des attentions. « Une fois la ville libérée par les Forces démocratiques syriennes des mercenaires de Daesh, les Forces de sécurité intérieure ont rétabli la sécurité et permis à la population de revenir et de vivre librement. Un nouveau système a été construit à Manbij, basé sur la pensée démocratique » a commenté le co-président de l’Assemblée législative.

Cette démocratie radicale à laquelle participe chaque composante de la ville et de ses alentours a rencontré de nombreux adversaires, tel que l’opération turque “Bouclier de l’Euphrate”, qui cherchent à contrecarrer ce projet en ébranlant la coexistence entre les communautés et en s’attaquant à la sécurité de la ville selon Faruq al-Mashi. Pour lui, les menaces de la Turquie d’entrer dans la ville visent à créer la division parmi la population. « Nous garantissons aux mercenaires travaillant pour des agendas extérieurs qu’ils n’ont pas atteint leurs objectifs. Toutes ces attaques n’altéreront pas la stabilité de Manbij et la force de son peuple. Nous continuerons à travailler pour libérer le pays du terrorisme » a-t-il commenté.

Le récent attentat à la bombe (survenu quelques semaines après deux autres explosions dans le centre-ville) qui a pris pour cible des manifestants dénonçant les menaces d’occupation turques dans le quartier d’al-Haya « est un acte de sabotage, considéré comme une preuve de faiblesse et de corruption de la part de ceux qui, ne pouvant s’en prendre à des cibles politiques ou militaires à Manbij, s’attaquent à des civils. Nous condamnons cet attentat mais, grâce à son peuple, Manbij reste forte. »

Sheikh al-Mashi fait remarquer que Manbij, par son rôle majeur dans les politiques régionale et internationale, attire l’attention. Ayant échoué à stabiliser et à ramener la paix après avoir créé le chaos, la Turquie cherche à masquer ses échecs en tentant d’occuper Manbij. « De qui veulent-ils libérer Manbij ? De son peuple ? » s’interroge-t-il avant de rappeler que le Conseil militaire de Manbij y assure la stabilité.

« Nous sommes le peuple d’un seul pays et nous nous tenons debout tous ensemble contre les complots menaçant notre terre. Cela dit, nous devons éviter de porter les armes autant que possible. Notre but a toujours été de porter le stylo grâce à une pensée et une science libres afin de dessiner l’avenir des populations. Une arme n’est pas une solution à la crise syrienne » a conclu Faruq al-Mashi.

http://www.hawarnews.com/en/

 

 

Hasakê salue la mémoire de Dilan et de sa sœur Dilyar

Dimanche dernier, la représentante de la jeunesse du Conseil démocratique syrien (CDS) à Hasakê, Dilan Şêx Mahmud, et sa sœur Dilyar ont été assassinées. Leurs funérailles ont eu lieu lundi 9 juillet.

Les deux jeunes femmes étaient à leur domicile du quartier d’Aziziya à Hasakê dimanche lorsqu’une explosion les a tuées. Lundi 9 juillet, une grande foule en deuil s’est réunie devant l’Assemblée des familles de martyrs où ont été reçus les deux cercueils. Pour leur dernier voyage, les deux sœurs ont été accompagnées par des milliers de personnes jusqu’au cimetière des martyrs dans le village de Şercî, au nord de Hasakê.

Des représentantes du Kongra-Star, d’autres de l’Union de la Jeunesse du Rojava et de plusieurs institutions de la ville ont assistés à la cérémonie. Après avoir débuté par une minute de silence, les funérailles ont été marquées par quelques discours appelant à suivre les pas des deux jeunes femmes.

Şêrîn Osî du Mouvement des Femmes et Albîn Ehmed de l’Assemblée de la Jeunesse du CDS ont notamment adressé quelques mots aux milliers de personnes assistant aux obsèques. Toutes deux ont tenu à souligner leur volonté de poursuivre le combat mené par les sœurs assassinées et ont adressé leurs condoléances à leurs proches.

Les martyres ne meurent jamais.

https://anfenglishmobile.com/

 

 

Conflit en Syrie : après une série de défaites calamiteuses, l’État islamique est-il sur le point de perdre sa dernière ville?

Plusieurs centaines de candidats à l’attentat-suicide et 4000 combattants appartenant à l’État islamique (EI) se préparent à défendre Hajin dans l’est-syrien, à proximité de la frontière avec l’Irak. La ville est le dernier bastion de l’EI, qui contrôlait il y a encore trois ans un territoire de la taille de la Grande-Bretagne.

La bataille pour Hajin intervient exactement un an après la défaite décisive subie par l’EI après la capture par les forces irakiennes appuyées par la coalition internationale de Mossoul le 10 juillet 2017. Les multiples forces anti-EI se rapprochent d’Hajin, située sur la rive orientale de l’Euphrate dans la province de Deir ez-Zor, a déclaré un témoin local à The Independent après avoir fui pour les territoires tenus par les Kurdes.

« J’ai entendu de gens qui travaillent avec des responsables de Daesh qu’il y a plus de 200 enfants, appelés “Lionceaux”, prêts à commettre des attentats-suicides à Hajin » déclare Sattam, un professeur d’arabe de 32 ans qui vivait encore récemment à Bahara, au nord de Hajin. « Il y a toujours plus de 35000 personnes et 4000 membres de Daesh dans la ville » a-t-il dit, ajoutant que deux de ses proches sont toujours à Hajin et que l’État islamique y a creusé de profonds tunnels pour se protéger des bombardements aériens.

Selon lui, la lutte pour reprendre Hajin pourrait prendre plus de temps que les quatre mois de siège de Rakka, la capitale de facto de l’EI en Syrie libérée en octobre 2017 par les Forces démocratiques syriennes composées d’Arabes et de Kurdes, soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis. Sattam raconte que Hajin subit régulièrement des tirs d’artillerie et des bombardements mais qu’elle n’a pas encore était attaquée significativement au sol.

Le gouvernement irakien a affirmé que ses F-16 avaient pris pour cible une réunion de responsables de l’EI qui avait eu lieu dans trois maisons de Hajin, reliées entre elles par des tunnels. La frappe aérienne conduite la 23 juin a tué 45 membres de Daesh dont l’adjoint du ministre de la guerre, le chef de la police et un messager d’Abou Bakr al-Baghdadi, l’auto-déclaré calife de l’État islamique dont on pense qu’il se trouve actuellement dans la zone frontalière irako-syrienne.

Sattam, qui ne veut pas donner son nom complet car il a toujours un cousin qui vit à Hajin, donne une image précise de la vie dans la dernière ville tenue par l’État islamique. Bien que cela soit à moindre échelle, il a maintenu le complexe système administratif utilisé dans les grandes villes de Mossoul, Rakka, Falloujah et Ramadi, ainsi que dans d’autres localités de Syrie et d’Irak. « J’étais en contact avec quelques amis Irakiens qui travaillaient au bureau des impôts de Daesh à Hajin » raconte Sattam. « Ils collectaient les taxes chez les personnes riches de la ville. Beaucoup de propriétaires terriens ici ont des affaires au Qatar ou en Arabie Saoudite. » La ville serait d’ailleurs bien connue localement pour ses grandes maisons, richement décorées, et ses hommes d’affaire qui appartiennent à de puissantes tribus locales.

Selon Sattam, il y a eu des frictions l’été dernier entre l’EI et la population de Hajin : « des jeunes Syriens et Irakiens avaient réussi à mettre le feu à un centre de sécurité de Daesh. » À l’heure actuelle, l’État islamique empêche les civils de fuir la ville, une tactique utilisée à Mossoul et Rakka qui avait conduit à des pertes massives parmi la population locale, victime collatérale des frappes aériennes et tirs d’artillerie.

Peu importe le moment de l’assaut final sur Hajin, la ville tombera inévitablement car elle est encerclée par trois différentes armées : les Forces démocratiques syriennes (FDS) arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale au nord et à l’ouest, les paramilitaires chiites irakiens d’Hashd al-Shaabi à l’est et l’armée syrienne du président Bashar al-Assad au sud. En dépit de ses capacités militaires et de son fanatisme, le grand nombre d’ennemis de Daesh sera l’une des raisons de sa défaite.

Interrogé sur ce qui se disait localement au sujet d’al-Baghdadi, Sattam raconte que les membres de l’EI ou les personnes travaillant dans ses institutions « ne parlaient plus de lui ou des nouvelles déclarations et décisions qu’il avait prises. » Il ajoute que le mot qui court dans la région de Deir ez-Zor est que « même si le calife est mort, il a laissé des centaines de ses fils comme bombes humaines. » Ceci n’est pas une preuve de la mort d’al-Baghdadi et, même si c’était le cas, elle ne serait pas reconnue ou serait un secret retenu dans un petit cercle de ses proches.

Son fils de 18 ans, Huthaifaal-Badri, a été tué en affrontant les Russes et l’armée syrienne dans la province de Homs, a annoncé la semaine dernière Daesh. Son martyr est mis en avant par les médias sociaux et canaux d’information de l’EI, bien qu’ils aient perdu en volume et en influence.

Les FDS et la coalition internationale menée par les États-Unis ont lancé l’opération “Roundup” afin de reprendre à l’État islamique les derniers territoires qu’il détient le long de la frontière irako-syrienne. L’offensive a déjà repris la seule autre ville encore tenue par Daesh (al-Dashisha, dans la province de Hassaké) en juin. Durant les cinq années de son occupation, Daesh est devenu de plus en plus sinistre et sévère à l’égard de la population locale.

Salim Abu Ali, un fermier d’al-Dashisha de 48 ans, a raconté à The Indepedent la vie sous le joug de l’État islamique, jusqu’à ce que la ville soit libérée par les FDS. « Je ne pouvais pas quitter la ville parce que ma femme est handicapée et que mes fils ont quitté le pays pour l’Irak en 2013 quand Daesh s’est emparé d’al-Dashisha » évoque Salim. Il continue en disant qu’à son arrivée en juillet 2013, Daesh traitait bien la population. Mais l’année suivante, peut-être parce que leurs victoires militaires les avaient rendus trop confiants, ses membres ont commencé à être plus intimidants et ont débuté leurs exécutions publiques.

 « J’ai vu à de nombreuses reprises des gens qui ne réalisaient pas que Daesh était sur le point de les décapiter, » raconte Salim. « Je me souviens toujours d’un homme que je connaissais, Abu Muhamed. Il avait les yeux bandé et il criait qu’il était innocent mais tout d’un coup, un grand couteau a coupé son cou… » L’homme qui l’avait décapité s’exclamait : « Dieu nous ordonne de tuer les non-croyants sans pitié. » Salim affirme que son ami avait été accusé par quelqu’un qui le détestait d’être en contact avec le gouvernement syrien. Il se rappelle que cela s’est produit en novembre 2016, lorsque les membres de Daesh étaient en colère car ils recevaient de mauvaises nouvelles de Mossoul, assiégée par l’armée irakienne. Des combattants de Daesh ont alors commencé à arriver d’Irak avec de nombreux véhicules blindés et des femmes prisonnières. « Nous avons appris plus tard qu’elles étaient des yézidies qui devaient être emmenées à Rakka. »

L’offensive des FDS sur al-Dashisha il y a deux mois s’accompagnait de bombardements quotidiens. « Il n’y a pas eu de combats dans la ville » affirme Salim, « mais dans les fermes autour d’al-Dashisha. La plupart des combattants de Daesh étaient des étrangers, principalement d’Azerbaïdjan. » Les membres locaux de Daesh se sont retirés et beaucoup se sont rendus aux autorités, que ce soit en Syrie ou en Irak. Salim a fini par être détenu dans un camp appelé al-Hol, géré par les FDS, jusqu’à ce qu’un cousin garantisse qu’il n’était pas une menace.

Après une série de défaites calamiteuses en Irak et en Syrie, les combattants de l’État islamique pourraient être démoralisés et ne plus être aussi déterminés qu’auparavant à poursuivre le combat jusqu’à la fin. Dans ce cas, ce serait une bonne nouvelle pour les milliers de personnes piégées à Hajin, dans l’attente que commence la bataille finale.

https://www.independent.co.uk/

 

 

 

11/07/2018

 

Lafarge en Syrie : les négociations avec Daech sous l’œil du renseignement

Libération révèle le contenu de notes déclassifiées des services français, qui mettent en lumière les transactions entre un membre très haut placé de l’Etat islamique et un intermédiaire du cimentier, quelques semaines avant les attentats de Paris.

Depuis le début de l’enquête sur les agissements de Lafarge en Syrie, une incertitude plane. Si l’existence de versements à l’Etat islamique a été reconnue par plusieurs dirigeants de l’entreprise, il reste un angle mort.

La cimenterie de Jalabiya, en Syrie, le 30 juin 2017. Photo Chris Huby. Le Pictorium

Jusqu’où l’appareil de l’Etat, et notamment les services de renseignement français, était au courant des négociations secrètes entre un intermédiaire de la multinationale et l’organisation terroriste ? Un début de réponse, sulfureux, apparaît désormais dans la procédure judiciaire. En s’acharnant pour maintenir son activité pendant la guerre, la société Lafarge a offert à l’Etat islamique un véritable magot. La prise de l’usine, en septembre 2014, permet à l’organisation terroriste de mettre la main sur des milliers de tonnes de ciment, et donc des millions de dollars, sous l’œil des services de renseignement français. Le contenu des notes déclassifiées de ces services, que révèle Libération, permet de documenter l’ampleur de la manne obtenue avec la probable implication de l’un des plus hauts dirigeants de l’Etat islamique.

18 septembre 2014. Une trentaine de salariés syriens sont encore présents dans la cimenterie de Jalabiya, dans le nord du pays. Ils sont avertis par des villageois de l’arrivée imminente des combattants de l’Etat islamique et se sauvent en catastrophe dans la nuit. Cette situation cauchemardesque clôt trois années pendant lesquelles la multinationale française s’est acharnée pour maintenir son activité au milieu des combats. Huit cadres de la société, dont deux ex-PDG, sont mis en examen pour « financement du terrorisme » ou « mise en danger de la vie d’autrui”. Tandis que Lafarge SA, en tant que personne morale, a été mis en examen fin juin, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité ».

11,5 millions de dollars

A la fin de l’année 2014, l’Etat islamique vient alors de mettre la main sur un butin conséquent. « La valeur de cette usine (en cas de démantèlement), notamment avec les stocks de granules de ciment qui y sont entreposés, est estimée à 25 millions de dollars », consigne la direction du renseignement militaire (DRM) dans une note datée du 18 décembre 2014, et estampillée « confidentiel défense ». Le service secret, rattaché au ministère des Armées, va alors suivre en direct les négociations financières de l’Etat islamique pour son ciment made in Lafarge. Sur le terrain, Amro Taleb, identifié dans l’enquête judiciaire comme l’un des intermédiaires entre l’entreprise et l’organisation terroriste, est en première ligne. Malgré la prise de l’usine, ce Syro-canadien continue de recevoir à cette période des versements du cimentier, selon l’analyse comptable effectuée par le cabinet américain PWC et versée dans l’enquête judiciaire. Le groupe terroriste souhaite alors vendre le ciment contenu dans les silos et relancer la production de l’usine. C’est notamment pour cela qu’il a encore besoin de garder le contact avec Lafarge.

“Le 22/12/2014, à la frontière turco-syrienne […] une réunion entre les hommes d’affaires turcs et des représentants de Daech impliqués dans l’usine Lafarge aura lieu pour évoquer ces projets”, annonce quatre jours plus tôt la DRM. Le 30 décembre, les agents écrivent dans un nouveau message que « la réunion s’est bien tenue à la frontière turco-syrienne ». De cette rencontre, il ressort que «65 000 tonnes ont déjà été accaparées par Daech pour une valeur estimée à 6,5 millions USD », et qu’un « reliquat de 50 000 tonnes fait/fera l’objet d’un “contrat” […] pour une valeur estimée à 5 millions USD ». Soit un total de 11,5 millions de « On comprend que le démantèlement de l’usine Lafarge en Syrie se poursuit au bénéfice financier à la fois de Daech et des hommes d’affaires impliqués », conclut la note.

Selon la direction du renseignement militaire, cet accord a été scellé « en présence au moins de Amro Taleb, […] et de l’émir de Daech Abou Loqman ». Un nom que l’on retrouve également

dans un document interne à Lafarge et consulté par Libération, où Abou Loqman est cité comme un « personnage clé » de l’organisation terroriste.

De son vrai nom Ali Moussa al-Shawakh, ce Syrien, produit de l’académie militaire de Homs, est l’un des personnages les plus mystérieux de l’Etat islamique. Malgré les centaines de procédures instruites par le pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris, son rôle exact au sein de l’organisation terroriste demeure difficile à définir. Toutefois, plusieurs sources haut placées du renseignement, contactées par Libération, le placent à un niveau très élevé dans la hiérarchie, en prise directe avec les opérations extérieures de l’EI. En clair, s’il n’en est pas l’unique concepteur, il semble désormais acquis qu’Abou Loqman a participé de près à la campagne de terreur en Europe, et probablement aux attaques du 13 novembre en France, et du 22 mars à Bruxelles. En avril dernier, sa mort dans un bombardement a été rapportée par la presse irakienne, une information à prendre avec la plus grande prudence, tant l’homme a déjà profité de ce type d’annonce pour changer d’identité.

Dans une note du 5 janvier 2015, la DRM décline ainsi son curriculum vitae : « Abou Loqman, émir de l’EI, est bien connu. Il a été émir de l’EI à Raqqa, ville syrienne considérée comme la capitale du califat. Aujourd’hui, il serait émir de l’EI dans le rif Alep. Il fait donc autorité sur la zone où se trouve la cimenterie et son implication dans le dossier semble crédible ». Ce document, que nous révélons, est le premier issu de l’appareil d’Etat français, dans lequel apparaît formellement le nom d’Abou Loqman. Début 2015, les Nations unies ont produit une notice détaillée, dans laquelle on apprend qu’Abou Loqman était « membre d’un conseil de gouvernance de l’EI, présidé par le chef de l’organisation, Abou-Bakr el-Baghdadi ».

Selon Mediapart, qui a évoqué pour la première fois l’importance de cet “émir” dans la presse française, l’homme aurait aussi été désigné chef de l’Amniyat, les services secrets de l’Etat islamique. Ce rôle lui a été attribué par plusieurs jihadistes français de retour de Syrie. Une information crédibilisée par un témoignage inédit, que Libération a pu consulter. Entendu par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) les 13, 14, 15 décembre 2016, Mohamed S., un Franco-Algérien de 30 ans, ne tergiverse pas sur les fonctions d’Abou Loqman : « Les services secrets de l’EI font de l’espionnage. Ils espionnent tout le monde, les civils, entre eux. Je sais qu’il y a un service de renseignement intérieur et un service de renseignement extérieur. Le chef est Abou Loqman, c’est un Syrien. » Un témoignage d’autant plus sérieux que Mohamed S. a été, au cours de l’année 2015, membre de la police islamique de l’EI à Raqqa.

Compte tenu de ce pedigree, on comprend pourquoi les rendez-vous entre Abou Loqman et Amro Taleb, l’intermédiaire de Lafarge, ont pu intéresser les services. Néanmoins, contrairement à la DRM, la DGSE est plus prudente sur la tenue de ces réunions : « L’existence de ce contact n’a pas pu être confirmée par le Service », se contente-t-elle de verbaliser en juillet 2017. Contacté par Libération, Amro Taleb a, lui, tenté de minorer son rôle, affirmant avoir aidé la coalition internationale. Mais précise avoir été contacté à l’époque avec un certain “Abou Aicha”. Or, selon l’audition de Mohamed , cet homme, de nationalité jordanienne, n’était autre que le bras droit d’Abou Loqman.

Rendez-vous à Paris

Néanmoins quelques jours après la rencontre alléguée entre Abou Loqman et l’intermédiaire Amro Taleb, ce dernier envoie, le 25 décembre 2014, un mail à Frédéric Jolibois, alors responsable de la filiale syrienne du cimentier, et aujourd’hui mis en examen. Il prévient : « L’Etat islamique va gagner des millions de dollars grâce au matériel de Lafarge. » Taleb se propose alors comme interlocuteur principal, sollicite un rendez-vous et le versement d’une somme pour son intervention dans les négociations. Deux semaines plus tard, le 9 janvier 2015, Taleb est reçu au siège parisien de Lafarge, rue des Belles-Feuilles, à Paris. Dans une note du 3 juillet 2017, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), rapporte le contenu de l’entrevue : Taleb « a indiqué que l’organisation terroriste souhaitait remettre en marche la cimenterie et que d’anciens clients étaient prêts à se porter acquéreurs de la production ».

Ironie cruelle, ce même 9 janvier, Amedy Coulibaly, se revendiquant de Daech, abat plusieurs clients à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Après réflexion, Lafarge décide de ne pas rouvrir l’usine sous le contrôle de l’organisation terroriste.

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