Depuis le 6 janvier, le peuple kurde du Rojava a été confronté à une offensive militaire d’ampleur marquée par des sièges, des bombardements, des déplacements forcés de populations civiles et une crise humanitaire grave. Cette séquence de violences a menacé l’existence même des populations kurdes ainsi que les acquis démocratiques, politiques et sociaux construits au Rojava au prix de lourds sacrifices.
Face à cette situation, une mobilisation populaire et politique sans précédent s’est organisée en France.
Une mobilisation nationale historique
Depuis le début de la crise, 87 manifestations et rassemblements ont été organisés par le réseau du CDK-F dans 44 villes françaises, mobilisant plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers tout le pays.
Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Lille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Montpellier et de nombreuses autres villes ont vu descendre dans la rue des citoyens, des élus, des militants associatifs et des familles entières pour défendre le Rojava, dénoncer les massacres et exiger une action diplomatique concrète de la France.
Cette mobilisation massive n’a pas été symbolique.
Elle a fait évoluer le rapport de force politique, installé durablement la question du Rojava dans le débat public et contribué à renforcer l’implication diplomatique française.
Un engagement diplomatique constant du CDK-F
Parallèlement aux mobilisations populaires, le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a mené un travail institutionnel continu et structuré :
rencontres avec des parlementaires et élus locaux,
échanges avec les autorités françaises et services de l’État,
coordination avec syndicats, ONG et organisations de la société civile,
actions d’information et de sensibilisation auprès des médias.
L’ensemble du réseau du CDK-F a été pleinement mobilisé pour pousser la France à agir afin de protéger les Kurdes du Rojava et préserver leurs acquis démocratiques.
Une première avancée politique, mais fragile
Les développements récents sur le terrain, notamment l’annonce d’un cessez-le-feu et d’un processus politique entre les Forces démocratiques syriennes et Damas, ouvrent une fenêtre d’espoir et constituent une évolution importante pour la reconnaissance des droits du peuple kurde.
Le CDK-F salue l’implication diplomatique de la France qui a contribué à rendre possible cette évolution.
Toutefois, cette étape demeure fragile. Elle ne sera crédible que si sa mise en œuvre est effective et garantie dans les faits.
Nous resterons particulièrement attentifs :
au respect effectif de l’identité, de la langue et des droits culturels du peuple kurde ;
à la préservation des droits des femmes et des acquis démocratiques du Rojava ;
à la levée totale des sièges et à la protection des populations civiles ;
à la reconnaissance et à la réparation des crimes commis par les factions djihadistes.
La mobilisation du CDK-F et de la société civile ne s’arrêtera pas à la signature d’un accord.
Elle se poursuivra sans relâche jusqu’à la mise en œuvre complète des engagements pris et à la garantie réelle des droits du peuple kurde.
La solidarité populaire a permis de faire bouger les lignes. Désormais, la responsabilité politique doit s’imposer.

