Alors que le président turc Erdogan menace ouvertement la France, dévoilant une fois de plus le visage hideux du fascisme turc, les autorités françaises sont sur le point de lui faire un cadeau en tentant de renvoyer en Turquie un militant associatif kurde qui y risque sa vie et sa sécurité.

Mehmet Yalçin a été arrêté ce matin à son domicile de Bordeaux par une trentaine de policiers et conduit à l’aéroport où il risque une expulsion imminente vers la Turquie. Condamné en 2019 à deux ans de prison, pour de soi-disant liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Mehmet Yalcin a dû porter un bracelet électronique pendant près d’un an. Il est actuellement sans papiers du fait du rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA, rejet motivé par cette condamnation. 

Incriminé comme un vulgaire terroriste, privé de papiers, il est aujourd’hui menacé d’être livré à un régime autoritaire et fasciste, la Turquie où sa vie et sa sécurité seraient gravement en danger. 

Le 28 juillet dernier, cet homme marié, père de trois enfants (âgés de 2, 4 et 6 ans), résidant à Bordeaux depuis 2006, avait déjà été arrêté en vue d’une expulsion. Cependant, il avait été libéré quelques semaines plus tard suite à une grève de la faim. 

L’expulsion de Mehmet Yalcin vers la Turquie serait une violation grave de la convention européenne des droits de l’homme et de la Convention de Genève sur les réfugiés. La Turquie n’a rien d’un État de droit. L’orientation franchement autoritaire et répressive prise par le régime d’Erdogan au cours de ces dernières années le démontre largement. Chaque jour, des militants politiques, élus, journalistes, avocats, syndicalistes sont arrêtés et emprisonnés en Turquie. La presse est muselée et les réseaux sociaux en passe d’être entièrement contrôlés par le régime. Par ailleurs, les cas de torture et de mauvais traitements sont en pleine recrudescence, comme le dénonce un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch.

Depuis des années, la France mène des opérations contre les associations kurdes et leurs militants, prétextant leur proximité avec le PKK. Les militants associatifs kurdes sont poursuivis, condamnés, détenus. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se voient interdire le territoire français, retirer leur statut de réfugié et placés sous FIJAIT, une sorte de contrôle judiciaire à vie.

Jusqu’où va aller la France dans ce harcèlement judiciaire et administratif à l’encontre des Kurdes ? Que cherche-t-elle à faire dans un moment où les tensions avec la Turquie sont au plus haut, à tel point que le Sultan Erdogan menace directement le président Macron ? Veut-on sacrifier Mehmet Yalçin pour apaiser les tensions entre la France et la Turquie ?

Nous demandons instamment aux autorités françaises d’abroger, sans plus attendre, l’ordre d’expulsion de M. Yalcin et d’accorder à celui-ci un droit de séjour afin que lui et sa famille puissent vivre en France dans des conditions dignes.

Nous appelons les partis politiques, les élus, les organisations de défense des droits humains et toutes les personnes indignées par cette situation à se mobiliser et à interpeller les autorités françaises pour empêcher cette expulsion qui serait indigne de la France et des valeurs qu’elle prétend défendre.