Après plusieurs semaines de violentes attaques de la part de l’AKP (Parti de la Justice et du Développement) et du MHP (Parti d’Action Nationaliste), le procureur de la Cour de cassation a rédigé et remis à la Cour constitutionnelle un dossier demandant l’interdiction de la troisième force parlementaire du pays, le Parti Démocratique des Peuples (HDP).

Cette nouvelle offensive de R.T. Erdoğan contre l’expression de la volonté populaire s’inscrit dans l’impitoyable répression qui frappe cette formation. Plus d’une dizaine de parlementaires croupissent en prison, 60 maires ont été révoqués et ces derniers jours près de 800 militants ont été arrêtés. Des procédures se focalisent contre les parlementaires Berdane Oztürk, Cerhan Isik, Sezai Temelli, Tayip Temel, Murat Sarisac. Ils ne sont pas les seuls. La députée d’Agri Dilan Dirayet Tasdemir fait l’objet de poursuites tandis que le défenseur des droits humains Omer Faruk Gergertioglu vient d’être condamné à deux ans et demi de prison. Malgré les verdicts de condamnations et les ordres de libération de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), le leader du HDP, Selahattin Demirtaş est détenu en toute illégalité depuis 2016.

Le dépôt de ce dossier d’interdiction du HDP vise plusieurs objectifs : la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés du HDP puis l’organisation d’un procès afin d’obtenir leur destitution et leur condamnation pour « terrorisme ». L’étirement de la procédure devrait permettre à R.T. Erdoğan de ne pas s’exposer à des scrutins partiels avant la consultation de 2023.

L’AKP cherche aussi par le truchement d’une réforme constitutionnelle (art.14) à interdire à vie, les activités des cadres et élus du HDP en prohibant la reconstitution du parti sous une autre appellation. 687 dirigeants et militants sont cités dans cet acte. A cela s’ajoute l’interruption du soutien financier au HDP et la saisie de tous ses biens.

L’imminente dissolution du HDP résonne comme une répétition de l’histoire des partis politique kurdes en Turquie et constitue une punition collective qui bafoue les droits de plus de 6 millions d’électeurs.

Il s’agit d’un véritable putsch contre la démocratie !

La CNSK condamne la procédure liberticide d’interdiction du HDP et toutes les poursuites judiciaires engagées contre ses militants. Elle appelle à la libération de tous les prisonniers politiques.

Elle demande avec force aux autorités françaises et européennes de prendre des sanctions diplomatiques et économiques pour condamner fermement ce régime autocratique qui piétine les droits humains et d’apporter leur soutien aux forces démocratiques de Turquie.

Communiqué de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK)