Le 1er mai, journée internationale du travail, a toujours symbolisé la solidarité internationale dans la lutte pour un monde libre, juste et égalitaire, contre l’oppression et l’exploitation au niveau mondial, par-delà les frontières et les lignes de division qu’on veut nous imposer.

Face au capitalisme destructeur et à l’oppression exercée par les Etats-nations, le mouvement de libération kurde développe un projet social alternatif fondé sur le communalisme. La gouvernance locale participative, l’écologie, l’égalité des sexes, le pluralisme et le respect de la diversité sont au cœur de ce projet qui vise à établir une démocratie radicale. Mis en œuvre au Rojava, dans le nord de la Syrie, ce projet est devenu, au fil des années, un pôle de solidarité mondiale. Parce qu’il s’efforce de construire une société démocratique, écologique et basée sur la libération des femmes et la coexistence des peuples et des communautés religieuses, le Rojava représente un espoir pour tous les peuples du monde, en particulier ceux du Moyen-Orient. C’est pour cette raison qu’il a attiré des milliers de personnes venues du monde entier pour participer à la révolution sociale, mais aussi au combat contre l’obscurantisme incarné par Daesh.

La révolution du Rojava fait peur aux dirigeants du monde capitaliste dont le pouvoir repose sur la division, l’exploitation et l’oppression des êtres humains. Ce qui s’est passé à Afrin l’année dernière en est une illustration.L’armée turque, soutenue par une horde de djihadistes, a lancé une vaste offensive aérienne et terrestre contre la ville kurde. Après trois mois de résistance acharnée contre la deuxième armée de l’OTAN, les forces kurdes YPG/YPJ ont dû se retirer, tandis que les dirigeants de ce monde ont contemplé, sans mot dire, cette opération d’invasion totalement contraire au droit international. Ce silence permet aujourd’hui à la Turquie de poursuivre, en toute impunité, ses opérations de nettoyage ethnique contre les Kurdes au nord de la Syrie.

Au fil des années, la Turquie dérive de plus en plus vers la dictature et le fascisme. Depuis avril 2015, soit la fin du processus de négociation avec M. Abdullah Öcalan et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), l’oppression et les massacres sont devenus quotidiens. Des milliers de membres de l’opposition, des militants kurdes en majorité, ont été emprisonnés, quand ils n’ont pas pris le chemin de l’exil. Malgré cette répression sans précédent et l’emprisonnement de centaines de ses élus, le Parti démocratique des Peuples (HDP) a remporté un franc succès lors des dernières élections locales du 31 mars, se posant comme une véritable force dans la société et un espoir pour des millions de personnes.

Le vaste mouvement de grève de la faim initié le 7 novembre 2018 par la Députée HDP Leyla Güven dans la prison de Diyarbakir est au centre de la lutte quotidienne du peuple kurde en Turquie. La dirigeante kurde de 54 exige la fin de l’isolement carcéral imposé au leader kurde Abdullah Öcalan emprisonné depuis 1999 sur l’île- prison d’Imrali. Aujourd’hui, plus de 7.000 personnes, majoritairement des prisonniers politiques, participent à ce mouvement. Face à la répression massive exercée par le régime fasciste turc qui interdit toute forme de contestation, la grève de la faim est le seul moyen d’action qui reste à l’opposition pour alerter l’opinion publique internationale sur les violations des droits humains commises en Turquie et faire pression sur le gouvernement turc afin qu’il respecte les droits et libertés fondamentaux.

Ensemble, nous pouvons briser le silence qui entoure ce mouvement et faire entendre la voix des grévistes de la faim contre l’isolement et le fascisme en Turquie.

Ensemble, appelons l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et son Comité pour la prévention de la torture (CPT) à faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il respecte les droits humains.