Inauguration de la Maison du Kurdistan de France : un événement fondateur au coeur de Paris

Lancement de la Maison du Kurdistan de France

Le lundi 12 octobre 2026, la Maison du Kurdistan de France (MKF) a été inaugurée à l’Hôtel de Ville de Paris, marquant une étape majeure dans le développement de la vie sociale et culturelle franco-kurde. Près de 300 personnes, parmi lesquelles des personnalités politiques, des représentants institutionnels ainsi que des acteurs associatifs, culturels et universitaires, ont pris part à cette soirée exceptionnelle, coorganisée par la MKF et la Ville de Paris.

Paris au rendez-vous du soutien à la nouvelle Maison

C’est Emmanuel Grégoire, maire de Paris, qui a ouvert la cérémonie. Il a salué celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet, soulignant notamment le rôle des responsables du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F).

Il a ensuite évoqué la mémoire commune des Kurdes et de Paris, profondément marquée par les attentats de 2013 et de 2022, rendant hommage aux victimes : Sakine Cansiz, Fidan Doğan, Leyla Şaylemez, Evîn Goyî, Mîr Perwer et Abdurrahman Kızıl. À toutes celles et ceux qui réclament justice et vérité, le maire a réaffirmé la solidarité de la Ville de Paris, tout en reconnaissant que l’État français pourrait faire davantage pour la manifestation de la vérité.

« Paris n’oublie pas », a-t-il rappelé, soulignant toutefois que le peuple kurde ne saurait être défini uniquement par les souffrances qu’il a endurées, mais aussi par ce qu’il a créé, transmis et apporté à Paris et au monde. Il a ainsi évoqué la richesse de sa poésie, de sa musique, de ses langues et de ses traditions de solidarité, ainsi que la place singulière des femmes dans son histoire et ses combats. Il a également rappelé la portée universelle du slogan « Jin, Jiyan, Azadî » — « Femme, Vie, Liberté ».

Son intervention s’est achevée par un message fort de soutien à ce nouveau projet : « Longue vie à la Maison du Kurdistan. Paris sera au rendez-vous du soutien à cette Maison. Longue vie à l’amitié entre Paris et le peuple kurde. »

Une Maison pour transmettre, rassembler et construire l’avenir

Baran Gürbüz, président de la Maison du Kurdistan de France, a ensuite pris la parole pour présenter officiellement cette nouvelle structure et en exposer les ambitions. Il a rappelé les liens historiques, culturels et politiques qui unissent la France et le peuple kurde, ainsi que les nombreuses solidarités qui ont marqué leur histoire commune.

Ancrée à Paris, mais appelée à rayonner dans toute la France, la Maison du Kurdistan entend devenir un lieu permanent de rencontre, de transmission et de coopération, ouvert à toutes et à tous. Sa mission est de préserver et de faire connaître la langue, la culture et la mémoire kurdes, de favoriser le dialogue entre les générations et de renforcer les échanges avec les institutions françaises, les établissements scolaires, les universités et les acteurs de la société civile.

Son action s’articulera autour de quatre grands piliers : la culture et le patrimoine, la jeunesse et le sport, l’accompagnement social et juridique, ainsi que la recherche et l’enseignement supérieur. Cette organisation doit permettre de répondre aux besoins concrets de la communauté, tout en soutenant la transmission culturelle, l’engagement citoyen et le développement des études kurdes.

Le président a également souligné la contribution des Kurdes à la société française dans les domaines économique, culturel, associatif et citoyen. Pensée comme un pont entre la communauté kurde et la société française, la Maison veut permettre aux nouvelles générations de connaître leurs racines tout en construisant pleinement leur avenir en France.

Franco-kurde par sa vocation, parisienne par son ancrage et française par les valeurs républicaines dans lesquelles elle s’inscrit, elle se veut un espace de mémoire, de partage, de dialogue et de construction d’un avenir commun.

François Hollande : une solidarité durable avec le peuple kurde, au-delà des conjonctures politiques

Moment fort de cette inauguration, l’intervention de François Hollande a donné à l’événement une portée politique et historique particulière.

L’ancien Président de la République a clôturé les interventions officielles en réaffirmant l’importance de la solidarité franco-kurde et en soulignant la contribution de la communauté kurde à la société française.

Revenant sur les événements qui ont marqué sa présidence, il a salué le rôle déterminant des forces kurdes de Syrie dans la lutte contre l’État islamique. Il a notamment affirmé que la victoire contre Daesh n’aurait pas été possible sans les Kurdes de Syrie. Il a également rappelé avoir reçu à l’Élysée des représentantes et des commandantes kurdes engagées sur le terrain contre l’organisation terroriste.

François Hollande a insisté sur la nécessité de maintenir la solidarité française avec le peuple kurde, sans la subordonner aux évolutions géopolitiques ou aux accords politiques du moment.

L’ancien chef de l’État a également souligné l’importance de la communauté kurde de France, forte de quelque 420 000 personnes, mettant en avant sa contribution à la vie économique, sociale et culturelle du pays

Musique et convivialité pour célébrer cette nouvelle étape

La soirée s’est poursuivie dans une atmosphère conviviale et festive avec la prestation musicale du groupe Koma Rayê, qui a fait résonner les chants et les sonorités kurdes zaza dans les salons historiques de l’Hôtel de Ville.

Le DJ Aramythos a ensuite pris le relais, prolongeant ce moment de célébration. Les invités ont également pu apprécier un buffet préparé par le chef kurde Octave Kasakolu, dans une atmosphère propice aux rencontres et aux échanges au sein de ce cadre prestigieux.

Une nouvelle page pour la communauté franco-kurde

Au-delà de son caractère inaugural, cette soirée marque une étape structurante pour la vie sociale et culturelle franco-kurde.

Avec la Maison du Kurdistan de France, la communauté se dote d’un lieu fédérateur destiné à faire vivre sa langue, sa culture et sa mémoire, à renforcer les liens entre ses composantes et à tisser des ponts avec la société française, en favorisant les rencontres, le dialogue et les échanges.

Il ne s’agit pas seulement de prolonger une histoire commune, mais d’ouvrir un nouveau chapitre, porteur de projets, de rencontres et de perspectives pour les générations présentes et futures.

Belle et longue route à la Maison du Kurdistan de France, un projet d’envergure, porté par une ambition à la hauteur des attentes et des besoins de la communauté franco-kurde, et tout particulièrement de sa jeunesse.

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